
Questions à ... à propos du livre Smoke City ; 2
Curieusement, les dernières pages
semblent vouloir précipiter une histoire conçue pour durer. Et la
dernière case laisse soupçonner une suite...
- MM : Nous avions prévu cette fin là et Smoke City a toujours été prévue
en deux tomes. Il est vrai que l'histoire aurait peut-être pu bénéficier de
quelques pages de plus, histoire d'offrir un final plus flamboyant. Par contre,
nous ne nous interdisons pas de retourner à Smoke City pour d'autres
aventures.
- BC : Oui, ni Mathieu ni moi ne voulions raconter une histoire dont l'univers
serait sagement enfermé entre la première et la dernière page du livre. Nous
avons dès le début présenté des personnages qui ont un passé, et auront un
avenir. On ne veut pas donner le sentiment que Smoke City est une ville
spécialement créée pour raconter notre histoire, ça lui donnerait un arrière
goût artificiel. On tient clairement au fait de laisser à l'imaginaire de
chacun de décider ce qui se passe autour. C'est cette part de mystère,
d'éléments non dévoilés qui crée la richesse de l'univers présenté.
Vos sources d'inspirations visuelles
empruntent, semble-t-il, beaucoup au cinéma américain…
- BC : Nous avons de
nombreuses sources d’inspiration, visuelles ou scénaristiques. Smoke City est
mon premier album. Et il se trouve, qu'avant même de me lancer dans la BD, les ambiances film noir
américains des 50's étaient un univers graphique dans lequel j'avais
particulièrement d'aisance. Ca c’est fait de façon tout simple. Quand on a
encore rien montré de son travail, il est naturel de se pencher vers ce qu’on
sait bien faire.
Comment utilisez-vous la photo dans
votre technique de dessin ? Pourquoi ces flous ?
- BC : Je bosse sur Photoshop avec une tablette graphique. Et je
mélange sans aucun complexe des éléments photographiques à mes dessins... c'est
même à travers cette alchimie qu'est née mon "style"... mon identité
graphique. J'ai toujours un appareil photo sur moi. Je peux flasher sur n'importe
quoi, un tuyau rouillé, un reflet dans une vitre ou un bord de trottoir... tous
les "trucs" que je croise dans ma vie de tous les jours sont
susceptibles de se retrouver incorporés dans une de mes illustrations. J'aime
ça. Les éléments extérieurs à mon dessin vont être ce qui va créer
"l'accident" dans mon image. Artistiquement parlant, avoir une dose
d'imprévu dans une composition la rend infiniment plus riche qu'une oeuvre
totalement contrôlée de A à Z.
Pour les flous… on en revient à la référence
cinématographique. Ils simulent un manque de profondeur de champ typique des
caméras ciné. Mais ils servent aussi beaucoup la narration. Une image toute
nette est une image plate, les zones de flou donnent du relief à l’image et me
permettent, par contraste, de faire ressortir les éléments sur lesquels je
souhaite attirer le regard du lecteur. Par exemple, si dans un même plan je
place le héros et un personnage secondaire, l’oeil va naturellement être attiré
par le héros. C’est normal, mais ça peut être embêtant si au contraire je
souhaite mettre en avant le personnage secondaire. Avec un simple flou sur le
héros, la hiérarchie de lecture du plan est beaucoup plus limpide sans pour
autant avoir à faire disparaitre le héros.
Liste des analyses des oeuvres de l'illustrateur : Benjamin CARRÉ
Smoke city ; 2
Law, un des hommes les plus puissants de la ville, a obtenu de Cole et Carmen qu’ils reconstituent leur bande de monte-en-l’air...
Bagdad 2004 ; ill. de Benjamin Carré.
Thomas, jeune Américain, s'est porté volontaire pour partir en Irak. Son but : devenir un héros pour séduire Barbara. Sur place, il croise la...

