
Questions à
Les lieux décrits dans ce roman vous sont-il familiers ?
Oui, mon père a été élevé dans une ferme au sud du Texas et mon grand-père a passé une grande partie de son enfance dans ce comté de Lavaca que je décris. Moi, je suis un enfant des villes, comme on dit, mais j’ai mes racines dans ce Texas rural.
Avez-vous connu la vie quotidienne dans un ranch ?
Je n’ai pas vraiment l’expérience de ce genre de vie même si j’ai toujours aimé la nature, les animaux, les grands espaces mais, d’après moi, l’écriture est une bonne façon d’explorer des domaines que l’on ne connaît pas, cela me semble plus intéressant que de revenir indéfiniment sur ce que l’on sait déjà. Dans l’écriture comme dans la lecture il y un désir d’évasion.
Ces immigrants tchèques, sont-ils de votre famille ?
Mon arrière grand-père, comme Vaclav dans le roman, s’est usé au travail pour étendre son domaine et le faire fructifier. Quand je vois tout ce qui est issu de ce dur labeur et à quel point je leur suis redevable, le peu que j’ai acquis me donne des complexes ! En tout cas je ne transpose pas d’éléments de ma vie personnelle dans ce roman.
Comment avez-vous réussi à rendre à ce point la couleur locale ?
J’ai donné la parole aux lieux autant qu’aux personnages. Et pour coordonner le tout, j’ai construit mon intrigue autour d’un narrateur qui pouvait raconter, commenter, croiser les points de vues, faire passer le lecteur d’une scène à l’autre, d’une époque, d’un lieu à l’autre. C’était une technique narrative très prisée dans la littérature russe. Elle est peut-être un peu passée de mode mais c’est dommage. Quant à la couleur locale, elle vient de journaux de l’époque, au tournant du XXème siècle et de souvenirs de ma famille paternelle. Mes parents sont férus de généalogie.
Quelle place donnez-vous aux femmes dans ce roman?
Comme j’ai grandi dans les jupes d’une mère très aimante, je ne peux pas imaginer un monde sans femmes. Je ne prétends pas qu’elles ont une mission rédemptrice auprès des hommes, je dis simplement que leur influence est très importante. La première expérience de sécurité et de bien-être ne vient-elle pas de la chaleur matricielle?
En imaginant vos héros, pensiez-vous à la possibilité d’un film ?
En tant qu’écrivain je dirais qu’il n’y a que par la littérature que l’on entre vraiment en profondeur dans les émois des coeurs et que l’on peut faire partager cela. Bien sûr je serais très heureux et flatté que l’on adapte mon roman au cinéma mais ce n’est pas cela que j’ai en tête quand je suis plongé dans l’écriture d’un roman.
Alors, un autre livre pour bientôt ?
Oui, j’ai en projet un roman qui aura également pour cadre le comté de Lavaca au sud du Texas.
www.bookslut.com adapté en français par Claire Goeffroy.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Bruce MACHART
Le sillage de l'oubli
Quatrième fils d’une lignée tchèque implantée au Texas, Karel Skala ne connaîtra pas sa mère, morte à sa naissance. Sur ses champs...

