
QUESTIONS À…
Votre vie professionnelle est couronnée de succès, pourquoi ce roman et ce thème de la famille ?
Nous sommes tous déterminés par les rêves de ceux qui nous aiment. Ils veulent nous offrir des jolies vies, sans doute meilleures que les leurs. Une petite fille qui danse agréablement deviendra l’artiste de la famille, le gamin qui monte un moteur de mobylette, le savant et ce pauvre Édouard qui écrivit quelques rimes médiocres « l’écrivain de la famille ».
C’est cet enfant que j’ai suivi dans ce livre. Ses joies, ses déceptions, ses espérances fulgurantes.
Comment expliquez-vous ce leitmotiv de votre livre : « écrire guérit » ?
Quand Édouard est en pensions, il découvre ses premiers livres et les mots des autres qui guérissent. Alors il s’accroche, tente un roman pour émerveiller à nouveau ses parents, les réunir peut-être. Mais le roman ne fait pas une page. Édouard devient un homme. Il « entre » alors en publicité où les mots valent de l’or. Où une réclame dans un magazine a plus de lecteurs qu’un grand roman. Il vit de sa plume mais s’est trompé d’encrier.
N’est ce pas l’amour, le moteur principal de votre roman ?
Si. J’ai voulu une histoire simple, drôle parfois, bouleversante. Une histoire d’amour d’un fils à ses parents. Il y a aussi au fil des pages beaucoup de femmes qu’Édouard va croiser comme des promesses. Il en épouse une qui croit en son talent, il la décevra. Il lui faut atteindre les années de la maturité pour comprendre enfin que si les mots ne font pas tous des livres, ils sont capables d’écrire la vie. La vraie, celle qui rend inoubliable un frère malade. Qui redonne la parole à un père silencieux. Celle qui fait rencontrer celle qui vous est destinée ; se retrouver ceux qui s’aiment.
Né en 1960, publicitaire, vous identifiez-vous à votre héros ?
Parler davantage de moi-même est difficile. Tant de choses sont déjà cachées dans mon livre…
Avez-vous d’autres idées de roman ?
Je viens de terminer un deuxième livre, un portrait de femme cette fois. J’ai pris un malicieux plaisir à me plonger dans la peau d’une femme bienveillante, imaginer sa vie, ses tourments, ses désirs, ses joies. C’est un livre d’apparence plus légère que L’écrivain de la famille ; plus grave aussi parce que comme dans Belle du Seigneur, les histoires d’amour ne sont parfois que des rêves et les réveils douloureux.
J’ai beaucoup de personnages en tête. J’aimerais avoir le temps de les raconter. Écrire permet d’inventer des vies, d’agrandir la sienne. C’est un très grand bonheur.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Grégoire DELACOURT
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L'écrivain de la famille
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