
QUESTIONS À…
Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
J’ai travaillé vingt ans pour différents quotidiens, ce qui
m’a inculqué une discipline d’écriture : écrire quoiqu’il arrive. Avant je
travaillais à mon manuscrit pendant mes heures libres, maintenant je le fais à
plein temps.
Y a-t-il des auteurs ou des gens qui vous ont
particulièrement influencé ?
Simenon, je l’ai lu après coup, mais je trouve que Maigret
ressemble beaucoup à mon héros Gerlof, le vieux policier à la retraite, lui
aussi réfléchit tout le temps. Ce personnage, dans sa sagesse et sa sagacité,
est très influencé par mon propre grand-père, capitaine d’un cotre sur la
Baltique, mort à soixante-quatre ans d’une crise cardiaque quand j’avais douze
ans.
Écrivez-vous d’autres choses que des romans policiers ?
Oui, j’ai aussi des scénarios de courts-métrages et de jeux
vidéo à mon actif. Quand j’écris, je visualise ce que font mes personnages,
préférant montrer leurs émotions par des gestes concrets, plutôt que de les
décrire.
Vous attendiez-vous au succès de vos livres ?
Pas du tout. Depuis Millénium les maisons d’éditions
reçoivent des milliers de manuscrits de potentiels Stieg Larsson. Les
statistiques étaient contre moi.
Votre premier roman, L’heure trouble, ne s’est-il pas vendu
à 200 000 exemplaires ?
Effectivement les gens s’attachent à ses personnages. On va
d’ailleurs en faire un film.
L’île d’Öland semble importante pour vous.
Oui, mon père y vit. Quand j’y suis, je note des
impressions, des choses vues et entendues. Les habitants me confient des
anecdotes, mais il y a toute une tradition orale qui se perd et c’est dommage.
Un de mes buts est de préserver ces histoires.
Interview reconstituée d’après http://blog.leparisien.fr
LE LIVRE QUI L’A FAIT CONNAÎTRE
L’heure trouble, Albin Michel, 2009 (NB mai 2009), &
& & &
Öland, île de la Baltique, 1972. Un enfant disparaît dans le
brouillard sans laisser de trace. Vingt ans plus tard, l’enquête reprend. Un
huis clos oppressant entre père et fille, avec ses non-dits, ses rumeurs,
soutenu par une écriture sobre, très efficace.
BIOGRAPHIE
Johan Theorin, né en 1963 à Göteborg, a été journaliste pendant vingt ans. Il passe depuis l’enfance tous ses étés sur l’île d’Öland, dans la mer Baltique, au sud-est de la Suède. Ses deux romans ont été numéro un de la liste des best-sellers de son pays.
Liste des analyses des oeuvres de l'auteur : Johan THEORIN
Le sang des pierres
Peter, Vendela, Gerlof et les autres s’installent à la fin de l’hiver sur l’île d’Öland. Certains y ont des racines familiales,...
L'écho des morts
Sur l’île d’Öland, balayée par les vents glacés de la mer Baltique, se dressent deux phares jumeaux et, face à eux, l’ancienne...
L'Heure trouble
Öland, petite île de la Baltique, septembre 1972. À l’heure trouble du crépuscule, le petit Jens Davidsson disparaît dans le...

